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200 cures offertes aux enfants touchés par les fumées des incendies

Après les importants incendies qui ont frappé la Gironde cet été, La Bourboule a choisi de mettre son savoir-faire thermal au service des enfants exposés aux fumées. La commune et les Grands Thermes proposent 200 mini-cures gratuites de cinq jours, consacrées aux voies respiratoires et à la dermatologie. Une initiative qui conjugue solidarité territoriale, prévention et expertise pédiatrique.

Comment une station thermale peut-elle se rendre utile face aux conséquences sanitaires d’une catastrophe environnementale ? À La Bourboule, la réponse s’est imposée naturellement après les incendies qui ont touché la Gironde.

L’initiative est née d’une réflexion entre David Dupic, maire de La Bourboule et président de la régie des Grands Thermes, et Joffrey Chalaphy, directeur des Grands Thermes. Les fumées des incendies ayant été perceptibles jusque dans le Massif central, tous deux se sont interrogés sur ce que pouvaient vivre les populations situées au plus près des zones sinistrées, et notamment les enfants.

« On s’est demandé comment être solidaires. Et ce que nous savons faire, c’est soigner, grâce à la médecine thermale que nous pratiquons à La Bourboule et à notre spécificité en pédiatrie », explique Joffrey Chalaphy.

De cette réflexion est née une réponse très concrète : mettre le plateau technique et le savoir-faire de la station à disposition des jeunes concernés.

200 séjours de cinq jours proposés aux enfants

La commune et les Grands Thermes ont ainsi décidé d’offrir 200 mini-cures de cinq jours aux enfants dont les voies respiratoires ou la peau ont pu être affectées par les fumées. Le dispositif s’adresse aussi bien aux jeunes déjà atteints d’une maladie chronique (asthme, allergies ou affections dermatologiques notamment) qu’à ceux pour lesquels une démarche préventive peut être envisagée après une exposition importante.

Il ne s’agit pas d’une cure thermale conventionnée de trois semaines, mais d’un séjour court. Un avis médical est néanmoins demandé afin de vérifier l’absence de contre-indication et la pertinence de la prise en charge. « Nous avons voulu rester dans le strict protocole de la prescription. L’idée est vraiment d’apporter un soin aux enfants qui en ont besoin en priorité », souligne Joffrey Chalaphy.

Une fois cet avis obtenu, les équipes thermales prennent le relais pour organiser les soins. Des solutions d’hébergement à tarif préférentiel sont également proposées aux familles. Les premiers bénéficiaires sont attendus à l’automne et le dispositif pourra se poursuivre en 2027, notamment pendant les vacances de printemps, jusqu’à ce que les 200 places aient été attribuées.

Une expertise pédiatrique historique

Si cette opération a pu être imaginée aussi rapidement, c’est aussi parce qu’elle correspond pleinement à l’identité de La Bourboule. Avec ses orientations en voies respiratoires et dermatologie, la station accueille depuis des générations des enfants souffrant notamment d’asthme, d’allergies ou d’affections cutanées.

Une particularité qui distingue La Bourboule de nombreuses autres stations françaises davantage orientées vers la rhumatologie. Selon Joffrey Chalaphy, l’âge moyen de sa patientèle se situe autour de 48 ans, notamment en raison de cette fréquentation pédiatrique.

Pour le directeur des Grands Thermes, la médecine thermale doit avant tout être envisagée comme un complément à la prise en charge habituelle. « C’est une solution de plus dans l’arsenal thérapeutique du prescripteur », insiste-t-il. Chez l’enfant, la démarche revêt une dimension particulière, celui-ci étant encore en développement, notamment sur le plan immunologique. L’objectif n’est donc pas de présenter le thermalisme comme une alternative aux traitements médicamenteux, mais comme un accompagnement complémentaire susceptible de contribuer à l’amélioration de son état.

Une solidarité entre territoires

Au-delà de sa dimension sanitaire, l’opération porte également un message de solidarité auquel David Dupic et les équipes des Grands Thermes étaient particulièrement attachés : celui d’une commune de moyenne montagne venant en soutien à des territoires du littoral frappés par les incendies. Des contacts ont ainsi été pris avec les communes les plus touchées et différents représentants des collectivités girondines afin de faire connaître le dispositif aux familles concernées. Les premières inscriptions ont rapidement suivi, confirmant l’intérêt de cette proposition.

Le séjour offre également aux enfants quelques jours dans l’environnement préservé du massif du Sancy. « Il y a les soins, bien sûr, mais aussi la montagne, le grand air et tout ce que l’environnement peut apporter », rappelle Joffrey Chalaphy.

Le thermalisme comme outil de prévention

Cette initiative solidaire illustre enfin une évolution plus large de la médecine thermale par la volonté de trouver une place plus importante dans le domaine de la prévention.

À côté de la cure conventionnée de 18 jours, qui demeure au cœur de l’activité de la station, des formats plus courts et ciblés peuvent permettre de répondre à des besoins spécifiques et de toucher d’autres publics.

Une orientation sur laquelle les Grands Thermes entendent poursuivre leur réflexion. « Cette médecine a forcément un rôle à jouer dans les années qui viennent. Nous disposons de plateaux techniques en milieu rural et nous avons de vraies synergies à trouver », estime Joffrey Chalaphy.

Avec ces 200 séjours offerts aux enfants exposés aux fumées des incendies, La Bourboule en apporte une illustration très concrète; face à une situation exceptionnelle, une station thermale peut mobiliser son eau, ses équipements et son expertise médicale pour mettre son savoir-faire au service d’un autre territoire.

Le message pourrait se résumer ainsi; le thermalisme est une solution de santé moderne et accessible, susceptible de répondre aux préoccupations et aux modes de vie contemporains. Un positionnement qui cherche donc à dépasser deux idées reçues persistantes, à savoir que le thermalisme ne serait destiné qu’aux personnes âgées et nécessiterait obligatoirement trois semaines de disponibilité. Après avoir changé le regard, il faudra transformer l’intérêt en séjours. C’est l’objectif de la seconde phase annoncée pour 2027.

Des actions de presse nationale, la mise en avant d’offres concrètes et le développement d’outils digitaux doivent permettre aux destinations de passer de la communication à la commercialisation. Autrement dit, après avoir expliqué pourquoi le thermalisme peut être intéressant, les stations devront montrer comment en profiter.

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