Les Thermes de Néris-les-Bains préparent leur renouveau
Après plusieurs semaines de fermeture sanitaire au printemps dernier, les Thermes de Néris-les-Bains ont retrouvé leurs curistes. Une bonne nouvelle pour les patients, les professionnels de santé et l’ensemble de la cité thermale. Mais cette reprise ne constitue qu’une étape, car l’avenir de la station se joue désormais à plus long terme, avec un vaste projet de rénovation qui conduira à une décision exceptionnelle : fermer complètement l’établissement pendant dix-huit mois afin de le transformer en profondeur.
Une décision lourde de conséquences, mais que les élus présentent comme indispensable pour garantir l’avenir d’un établissement dont les infrastructures techniques arrivent aujourd’hui à un tournant.
Une fermeture assumée pour éviter les demi-mesures
Deux scénarios étaient sur la table. Le premier consistait à maintenir une activité partielle tout en réalisant les travaux par étapes jusqu’en 2031. Le second prévoyait une fermeture totale des thermes pendant dix-huit mois, entre l’automne 2027 et le printemps 2029, afin de mener un chantier unique, plus rapide et plus cohérent.
C’est cette seconde option qui a finalement été retenue par la communauté de communes Commentry-Montmarault-Néris, propriétaire des thermes depuis 2025. Concrètement, la saison thermale 2028 disparaîtra totalement, tandis que la saison 2027 sera écourtée de plusieurs semaines avant le lancement du chantier. Le retour des curistes est programmé au printemps 2029.
Moderniser pour sécuriser
La fermeture sanitaire intervenue au printemps 2026, provoquée par des problèmes de qualité de l’eau, a rappelé la fragilité de certaines installations techniques vieillissantes. Si la réouverture a été rendue possible après la mise en conformité des installations, les responsables de la station savent que des interventions plus lourdes sont désormais nécessaires pour garantir durablement la sécurité sanitaire du site.
Le futur programme de rénovation prévoit ainsi un investissement d’environ 10 à 11 millions d’euros, dont près de 3,5 millions consacrés aux infrastructures techniques. L’objectif est clair : fiabiliser durablement les réseaux et les équipements afin d’éviter que des incidents sanitaires ne viennent à nouveau interrompre l’activité thermale.
À cela s’ajoutent 1,5 million d’euros dédiés à la restauration de l’enveloppe du bâtiment, dont une partie est protégée au titre des Monuments historiques, tandis que le reste du budget servira à moderniser les espaces de soins et les équipements destinés aux curistes.
Des thermes plus modernes… et plus flexibles
La rénovation ne se limitera pas à remplacer des canalisations ou à rénover des façades. L’ambition est également de repenser entièrement le fonctionnement de l’établissement.
Aujourd’hui, les infrastructures imposent une organisation relativement rigide. Demain, les responsables souhaitent disposer d’espaces modulables, permettant d’adapter l’ouverture de certaines zones en fonction de la fréquentation quotidienne. Cette nouvelle organisation offrirait davantage de souplesse dans la gestion des flux de curistes tout en réduisant les coûts d’exploitation. Une évolution importante dans un contexte où les établissements thermaux cherchent à conjuguer qualité de prise en charge, performance énergétique et maîtrise des dépenses de fonctionnement.
Cette modernisation doit également permettre d’accompagner les nouvelles attentes des patients, de plus en plus sensibles au confort, à la qualité des espaces d’accueil et aux parcours de soins personnalisés.
Un défi économique pour toute une ville
Si personne ne conteste la nécessité des travaux, leur durée soulève naturellement de nombreuses inquiétudes. Pendant dix-huit mois, ce ne sont pas seulement les thermes qui fermeront leurs portes, mais toute une économie locale qui devra apprendre à fonctionner sans les milliers de curistes qui, chaque année, fréquentent la station.
Hôteliers, restaurateurs, loueurs de meublés, commerçants, professionnels des services… tous vivent, en partie, au rythme de la saison thermale. Plusieurs élus ont d’ailleurs exprimé leurs préoccupations quant à la capacité des entreprises locales à traverser une période aussi longue sans cette clientèle régulière. Certains évoquent près de deux années d’activité fortement réduite si l’on tient compte des délais de reprise après les travaux.
Conscient de cet enjeu, le président de la communauté de communes, Claude Riboulet, a évoqué la création d’une structure chargée de maintenir une dynamique touristique et événementielle durant toute la période du chantier afin de continuer à faire vivre la cité thermale malgré l’absence de cures.
Un pari sur les trente prochaines années
Fermer un établissement thermal pendant une saison complète représente toujours un risque, mais ne pas investir aurait sans doute constitué un risque plus grand encore.
Les études présentées aux élus montrent d’ailleurs que plusieurs exploitants potentiels avaient clairement indiqué qu’ils ne se porteraient pas candidats à la gestion des thermes sans un programme ambitieux de rénovation. Autrement dit, l’avenir même de l’exploitation passait par cette modernisation.
À cela s’ajoute un élément rassurant… Malgré la fermeture sanitaire du printemps 2026, de nombreux curistes ont souhaité reporter leur séjour plutôt que renoncer à venir à Néris-les-Bains, témoignant de leur fidélité à la station. Cette confiance constitue un signal encourageant pour envisager la réouverture de 2029.



