En tête à tête avec Jean-Marc Boyer
Pourquoi êtes-vous autant investi dans la défense du thermalisme ?

Élu pour la première fois dans un canton qui couvre La Bourboule et Le Mont-Dore, j’ai été confronté très tôt aux réalités économiques et sociales liées au thermalisme. Ce n’est pas seulement une activité médicale : c’est un pilier pour l’économie locale, l’hébergement, l’animation, l’attractivité de territoires souvent ruraux. Quand l’activité thermale s’effondre, ce sont des villes entières qui risquent l’asphyxie. Il est donc naturel pour moi de défendre cette filière dans les instances nationales.
Quel était l’objectif des journées parlementaires du thermalisme que vous avez récemment organisées ?

Beaucoup de parlementaires ignorent les spécificités du thermalisme médical. Certains font l’amalgame entre cures thermales prescrites et séjours bien-être non remboursés. J’ai donc voulu créer un temps d’échange avec des scientifiques, comme le Professeur Montastruc, pour démontrer les bienfaits médicaux et économiques des cures.
Rappelons que le thermalisme représente seulement 0,15 % du budget de la Sécurité sociale, mais génère des économies sur les médicaments et contribue à la prévention.
Quels sont les enjeux futurs pour cette filière ?

Il faut élargir l’approche : intégrer le thermalisme dans les politiques de prévention santé, attirer un public plus jeune, développer le post-traitement pour les patients en convalescence, comme ceux touchés par le cancer. Nous devons aussi combattre certaines idées reçues relayées par des rapports approximatifs, et faire en sorte que l’État reconnaisse enfin pleinement cette médecine naturelle, humaine et efficace.
La voix du Thermalisme au Sénat
Dans les travées du Palais du Luxembourg, la voix des stations thermales du Puy-de-Dôme résonne avec constance. Celle de Jean-Marc Boyer, sénateur ancré dans un territoire où le thermalisme n’est pas un simple héritage, mais une réalité quotidienne.
Élu d’un secteur qui englobe La Bourboule et Le Mont-Dore, il sait combien l’activité thermale structure l’économie locale : hôtellerie, restauration, emploi saisonnier, commerces, services de santé. Ici, lorsque la cure ralentit, c’est toute la ville qui retient son souffle.
Au Sénat, il s’attache à défendre une idée simple mais essentielle : la cure thermale est une médecine à part entière, prescrite, encadrée, évaluée. Face aux amalgames entre bien-être et traitement médical, il plaide pour une meilleure reconnaissance institutionnelle et scientifique de la filière. Il rappelle volontiers que le thermalisme représente une part infime des dépenses de la Sécurité sociale, tout en contribuant à la prévention et à la réduction de certaines consommations médicamenteuses.
Son engagement dépasse la seule défense budgétaire : il milite pour inscrire davantage le thermalisme dans les politiques publiques de prévention, pour développer l’accompagnement post-traitement et pour attirer de nouveaux publics.
Pour Jean-Marc Boyer, défendre le thermalisme, c’est défendre une certaine idée de la santé — plus humaine, plus territoriale — mais aussi préserver l’équilibre économique de villes thermales historiques qui font partie de l’identité même du Massif central.

