Le Grand Entretien avec Dominique Ferrandon
Dominique Ferrandon – Directeur des Thermes de Royat & de Royatonic – Président du GIE Auvergne Thermale Qualité
Quel regard portez-vous sur la saison thermale 2025 en Auvergne : fréquentation, tendances de cure, retours des curistes, innovations déployées… ?

Depuis quelques saisons, nous avons pris l’habitude de nous satisfaire de la moindre bonne nouvelle ! Sur la saison 2025, finalement, l’Auvergne Thermale ne s’en sort pas si mal que ça : des stations réalisent de très bonnes fréquentations, d’autres, dans des contextes rendus compliqués pour diverses raisons (travaux, changement de gestionnaire..), réussissent à tirer leur épingle du jeu. Ce qui fait plaisir à voir ici, c’est la volonté de chaque station et de chaque établissement de se tourner vers l’avenir.
Le succès et la réussite de ces établissements, c’est aussi la personnalité de leurs directrice ou directeur. Toutes et tous, avec leur caractère, leur personnalité et leur expérience enrichisse nos échanges au sein du GIE, j’ai vraiment beaucoup de plaisir à présider le GIE et à travailler avec cette équipe !
Comment le GIE accompagne-t-il concrètement les stations dans l’amélioration continue de la qualité ?

Lors de mon arrivée à la présidence du GIE, j’avais clairement dit que ma priorité serait de porter la parole des exploitants et défendre leurs intérêts. Les services de l’Auvergne Thermale nous aide quotidiennement dans ce sens : Corinne Chades et son équipe au laboratoire sont indispensable au suivi de la qualité bactériologique, Stéphane Huin (directeur communication et développement commercial) est sur tous les fronts avec nous, communication, promotion, recrutement de médecins, visibilité de nos métiers. Avec Eric Brut (directeur général), nous avons organisé, à ma demande, des « séminaires » de travail et de réflexion au service des exploitants. Nous avons, notamment lancé, en collaboration avec le Campus des Métiers, des pistes de solutions pour former, recruter, intégrer nos équipes techniques actuelles et futures.
Dans un contexte où le thermalisme doit conjuguer enjeux économiques, attentes de santé publique et attractivité, comment les coopérations entre stations — impulsées par le GIE — contribuent-elles à structurer un modèle économique plus robuste ?

Dans toutes mes activités et expériences professionnelles, j’ai toujours dit que j’étais incapable de travailler tout seul. En respectant les particularités et les « lignes rouge » dans la collaboration entre stations, le GIE est, sur bien des points, un générateur de bonnes idées. Nos échanges dans nos réunions statutaires, le travail dans nos séminaires sont particulièrement riches. On apprend des autres, et si, comme c’est le cas, chacune et chacun pense que partager, c’est aussi se renforcer, nous sommes forcement gagnants !
Face à une concurrence accrue entre destinations thermales, quelles actions sont menées collectivement par les stations du GIE pour attirer les curistes en Auvergne Thermale ?

Je ne pense pas que nous devions parler de « concurrence », nous sommes sur le même métier, avec la même obligation de faire progresser nos exploitations, mais je crois que nous avons compris, grâce au travail du GIE, que nous y arriverions beaucoup plus facilement en travaillant ensemble. Toutes les actions que portent le GIE et l’Auvergne Thermale fonctionnent, toutes les stations adhérent et s’impliquent quasiment à chaque fois.
Quelle est votre vision de l’évolution du thermalisme auvergnat dans les cinq prochaines années, et quels leviers estimez-vous prioritaires pour assurer leur avenir ?

Le thermalisme vient de passer une période ou nous ne savions même pas quel serait notre avenir à 15 jours ! Je pense qu’il faudra réfléchir à plusieurs pistes si nous voulons « assurer notre avenir ». Tout d’abord, la démonstration scientifique incontestable de cette médecine. Nous voyons bien que c’est l’angle d’attaque principal ou sous-jacent lors des menaces de déremboursement. Ensuite, je crois beaucoup à la prévention santé à condition d’y associer des mutuelles. Enfin, nous devons ouvrir nos établissements à un public plus large ; trop de personnes pensent encore aujourd’hui, que l’accès au thermalisme est limité à des personnes malades, âgées, munies de prises en charge…La santé sera, sous divers angles, un des enjeux majeurs dans l’avenir, tant sur sa prise en charge médicale, que sur son financement.
Le thermalisme, avec nos établissements, nos savoir faire, le professionnalisme de nos équipes doit être un acteur incontournable.

