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En tête à tête avec Anthony Buisson

Professeur de gastroentérologie au CHU de Clermont-Ferrand et responsable du centre MICI, Anthony Buisson est l’une des figures de référence dans la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) en Auvergne.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont de plus en plus fréquentes. Pourquoi constituent-elles un enjeu majeur de santé publique ?

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Les MICI, qui regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, concernent aujourd’hui plus de 0,5 % de la population française, avec une projection à 1 % d’ici 2030. Si elles n’altèrent pas l’espérance de vie, ces pathologies chroniques ont un impact très fort sur la qualité de vie, entraînant douleurs, fatigue et limitations sociales. Le retard diagnostique reste un défi majeur, alors même qu’une prise en charge précoce permet de mieux contrôler la maladie et de préserver une vie quasi normale pour les patients.

Quel rôle joue aujourd’hui la recherche, notamment autour du microbiote intestinal ?

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Les avancées scientifiques récentes ont mis en lumière le rôle central du microbiote intestinal dans le développement et l’évolution des MICI. À Clermont-Ferrand, les équipes hospitalières figurent parmi les pionnières dans l’étude de ces interactions, notamment à travers des stratégies innovantes comme la transplantation de microbiote fécal. Ces travaux ouvrent la voie à des traitements plus ciblés et à une approche globale, visant à réduire l’inflammation tout en limitant les contraintes thérapeutiques pour les patients.

En quoi le thermalisme peut-il compléter la prise en charge médicale classique ?

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La médecine thermale constitue un complément précieux et synergique à la médecine conventionnelle, en particulier dans le cadre des maladies chroniques. Si les traitements médicaux agissent sur l’inflammation, le thermalisme apporte un bénéfice sur le confort intestinal, le bien-être psychologique, la gestion du stress et la qualité du sommeil. En Auvergne, territoire riche d’un patrimoine thermal unique, cette approche globale permet de prendre soin non seulement des organes, mais surtout des personnes, en intégrant santé, prévention et qualité de vie dans un parcours de soins plus humain et holistique.

Comprendre les MICI

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent principalement deux pathologies : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Elles se caractérisent par une inflammation durable du tube digestif, liée à un dérèglement du système immunitaire en interaction avec des facteurs génétiques et environnementaux.

Aujourd’hui, plus de 0,5 % de la population française est concernée, avec une progression constante de l’incidence. Les projections évoquent près d’une personne sur cent d’ici 2030. Si ces maladies n’altèrent pas l’espérance de vie, elles ont un impact majeur sur la qualité de vie : douleurs abdominales, diarrhées persistantes, fatigue, retentissement social et professionnel.

L’un des enjeux majeurs reste le retard diagnostique. Des symptômes digestifs prolongés ne doivent pas être banalisés. Une prise en charge précoce permet de mieux contrôler l’inflammation, de limiter les complications et d’améliorer durablement le quotidien des patients.

La recherche progresse activement, notamment autour du microbiote intestinal, dont le rôle dans la genèse et l’évolution des MICI est désormais largement étudié. Les stratégies thérapeutiques visent aujourd’hui à combiner efficacité sur l’inflammation et amélioration globale du bien-être, dans une approche de plus en plus personnalisée et coordonnée des soins.

L'interview en vidéo