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Bains les Dômes, nouveau symbole de la renaissance du cœur thermal

La pose de la première pierre des Bains les Dômes, jeudi 8 octobre, marque une nouvelle étape dans la transformation du domaine thermal de Vichy. Porté par France Thermes, ce chantier de 12 millions d’euros entend conjuguer préservation d’un patrimoine emblématique, diversification de l’offre thermale et ouverture à de nouveaux publics. Une ambition partagée par l’exploitant, la Ville, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et l’État, réunis pour l’occasion.

C’est une première pierre un peu particulière qui a été posée ce jeudi, car les travaux des futurs Bains les Dômes sont déjà bien engagés. Pour symboliser cette nouvelle étape, Sylvain Serafini, président du groupe France Thermes, a d’ailleurs proposé aux personnalités présentes de procéder au premier remplissage symbolique du nouveau bassin. Un geste qui donne la mesure de la transformation engagée dans cet établissement historique, appelé à rouvrir en juin 2027.

La cérémonie, organisée à l’occasion du premier anniversaire de la réouverture de l’hôtel Mercure quatre étoiles et de la Résidence les Dômes quatre étoiles, a réuni Frédéric Aguilera, maire de Vichy, Marie-Pierre Montoro-Sadoux, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes chargée du thermalisme, et Michel Tournaire, sous-préfet de Vichy. Tous ont souligné la portée d’un investissement qui dépasse la seule rénovation d’un équipement pour s’inscrire dans une stratégie globale de développement de la destination thermale.

Un investissement de 12 millions d’euros entre patrimoine et modernité

Avec un investissement de 12 millions d’euros et plus de 25 lots de travaux, confiés très majoritairement à des entreprises locales, la rénovation des Bains les Dômes constitue l’une des opérations structurantes du programme engagé par France Thermes à Vichy. Pour Sylvain Serafini, l’enjeu est double ; il est nécessaire de préserver l’identité architecturale de l’établissement tout en l’adaptant aux attentes contemporaines. Le projet, conduit en concertation avec la Ville et les services des Bâtiments de France, repose ainsi sur la conservation d’un maximum d’éléments historiques.

Le hall d’accueil doit retrouver une composition proche de son état d’origine, avec la restauration de mobiliers et d’équipements anciens. Les sols, les cabines de vestiaires et leurs carrelages caractéristiques seront également préservés ou réinterprétés. Le déambulatoire surplombant le bassin retrouvera ses éléments décoratifs, tandis qu’un important travail sur la lumière naturelle permettra de valoriser les volumes du bâtiment.

Cette volonté de continuité patrimoniale n’exclut pas une transformation profonde des usages. Là où dominaient autrefois les cabines de soins individuels, le projet introduit des espaces collectifs de détente et de loisirs, dans une architecture qui cherche à établir un dialogue entre héritage thermal et aménagements contemporains.

L’eau thermale au cœur d’une nouvelle expérience

La principale innovation réside dans la création d’une offre de bains accessible à un public élargi, au-delà des seuls curistes conventionnés. Le futur établissement comprendra notamment un bassin intérieur d’environ 200 m² alimenté en eau thermale, ainsi qu’un bassin extérieur chauffé de surface comparable. Ce dernier proposera à la fois des espaces de détente et deux lignes de nage, associant ainsi pratique sportive et loisirs aquatiques. À ces équipements s’ajouteront des espaces de bien-être, avec hammams, saunas, parcours sensoriels et salles de repos ouvertes sur les jardins. Deux plateaux de 100 m² chacun seront consacrés à l’activité physique adaptée et au sport-santé, à destination des curistes mais aussi des habitants et des visiteurs en séjour de remise en forme.

L’ensemble sera intégré à l’offre hôtelière et touristique déjà développée sur le site, dans une logique de parcours associant hébergement, restauration, bains, activité physique et détente.

Sylvain Serafini a insisté sur un point essentiel ; cette diversification ne traduit nullement un abandon de la médecine thermale mais vise au contraire à la compléter. Dans cette conception élargie du thermalisme, les soins médicaux, la prévention, le bien-être et l’activité physique constituent les différentes composantes d’une même expérience de santé. Ouverts toute l’année, les Bains les Dômes doivent également contribuer à renforcer la fréquentation de Vichy au-delà de la saison traditionnelle des cures.

« Il nous faut investir »

Pour Frédéric Aguilera, cette opération illustre le chemin parcouru depuis 2021, année charnière pour la cité thermale. Vichy obtenait alors son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, tandis que l’État cédait à la Ville la propriété du domaine thermal, ouvrant la voie à une transformation d’ensemble conduite avec France Thermes. Cinq ans plus tard, les réalisations se succèdent : rénovation des équipements thermaux, modernisation de l’offre hôtelière, réaménagement du parc des Sources et poursuite du programme de renaissance du cœur thermal, dont une dernière phase de travaux s’est achevée en juin 2026.

Le maire a particulièrement insisté sur l’effet d’entraînement de ces investissements, qui encouragent également la rénovation d’immeubles et d’établissements situés à proximité du domaine thermal. Mais la dynamique ne doit pas s’arrêter là. Une nouvelle phase est envisagée, notamment autour de la rénovation du Hall des Sources, que Frédéric Aguilera préférerait voir retrouver son ancienne appellation de « Palais des Sources ». La Ville souhaite également améliorer les cheminements piétonniers et les connexions entre les différents espaces du quartier thermal, tout en poursuivant la valorisation de ses quelque 2 000 ans d’histoire.

Au-delà de l’urbanisme, l’élu a replacé cette stratégie dans le contexte des incertitudes qui pèsent sur le thermalisme conventionné. Face aux débats récurrents sur son financement et sa place dans les dépenses de santé, il estime indispensable de moderniser les stations et de diversifier leurs activités afin de réduire leur dépendance au seul conventionnement. Sans remettre en cause la vocation médicale du thermalisme, il défend ainsi un modèle économique plus large, capable de valoriser les ressources thermales auprès de nouveaux publics. Une condition, selon lui, pour garantir l’avenir de stations confrontées à de profondes mutations.

La Région défend la complémentarité des activités thermales

Marie-Pierre Montoro-Sadoux a, pour sa part, salué la dimension collective du projet, fruit d’un engagement partagé entre collectivités, exploitant, architectes, entreprises et partenaires institutionnels. La vice-présidente régionale chargée du thermalisme a souligné la capacité de cette rénovation à respecter l’histoire d’un patrimoine auquel les habitants de Vichy sont attachés, tout en écrivant une nouvelle page de son développement.

Elle a également mis en avant la complémentarité entre médecine thermale et bien-être, deux activités qui reposent sur la même ressource naturelle et qui peuvent contribuer ensemble au rayonnement des stations. À ses yeux, les investissements engagés à Vichy constituent un signal positif pour l’ensemble de la filière française. Dans un environnement concurrentiel, notamment à l’échelle européenne, les stations qui ne modernisent pas leurs infrastructures risquent de prendre du retard. La représentante de la Région a ainsi rappelé l’importance de préserver et de faire évoluer un savoir-faire thermal français qui conserve toute sa pertinence dans les domaines de la santé, de la prévention et du bien-être.

L’État salue un changement de modèle

Dernier intervenant, Michel Tournaire, sous-préfet de Vichy, a rappelé le rôle de l’État dans la transformation du domaine thermal depuis 2021 et son accompagnement des investissements engagés sur le territoire. Il a surtout salué le choix stratégique de France Thermes d’ouvrir les équipements à de nouveaux usages et à de nouveaux publics, notamment les jeunes actifs, les amateurs de sport et les habitants de l’agglomération. Cette évolution, qui dépasse le modèle traditionnel de l’établissement thermal, apparaît à ses yeux comme un élément important pour l’avenir du site. Le représentant de l’État a également souligné la mobilisation conjointe des partenaires publics et privés pour soutenir cette transformation.

Un nouvel horizon pour le thermalisme vichyssois

Avec les Bains les Dômes, la station thermale de Vichy poursuit donc une mutation qui ne se limite pas à la restauration de bâtiments historiques. La station entend faire de son patrimoine thermal le socle d’une offre renouvelée, accessible tout au long de l’année et susceptible de séduire aussi bien les curistes que les touristes, les sportifs et la population locale. L’inauguration annoncée pour juin 2027 constituera une nouvelle étape de cette stratégie, engagée depuis plusieurs années par France Thermes et les collectivités.

Dans un contexte où le thermalisme français cherche à conforter son modèle médical tout en développant de nouvelles sources d’activité, l’expérience vichyssoise illustre une voie possible : préserver la médecine thermale, valoriser un patrimoine exceptionnel et élargir les usages de l’eau thermale pour construire la station de demain.

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